Autopromotion par les médias sociaux

Autopromotion par les médias sociaux

Chose promise, chose due. Je vous avais dit que je vous transmettrais un résumé de mes différentes formations et événements au cours de l’année. Étant membre de l’union des écrivaines et écrivains du Québec (UNEQ), j’ai accès à certaines informations très intéressantes sur le métier d’écrivains ainsi que sur le monde littéraire de la région. Je sais que parmi vous, il y a plusieurs auteurs et lecteurs qui se posent toutes sortes de questions sur le métier. Alors, je vais tenter d’assouvir votre curiosité de mon mieux, un article à la fois.

Évidemment, le monde numérique nous permet de faire du marketing et de la promotion à peu de frais…

Pour vous donc (et pour ma connaissance personnelle aussi :P), je me suis inscrite à la formation s’intitulant «Autopromotion: maximiser sa présence sur le web» donnée par Marika Laforest, conseillère numérique depuis près de 20 ans. Cette formation s’adressait spécifiquement aux auteurs. Évidemment, le monde numérique nous permet de faire du marketing et de la promotion à peu de frais et j’étais curieuse de découvrir des méthodes professionnelles sur comment bien m’y prendre.

Durant cette formation, plusieurs sujets ont été abordés surtout concernant les médias sociaux. Nous avons relevé les spécificités entre les principaux joueurs, Facebook, Instagram, Twitter.

Les trois grands joueurs

Facebook icon Facebook est le réseau le plus utilisé dans le monde et devient donc un incontournable pour diffuser de l’information promotionnelle. L’idéal est de:

  • Créer une page professionnelle (pas seulement un compte)
  • Être actif sur les réseaux (2 à 3 « post » par semaine)
  • Générer des discussions et autres interactions.
  • Participer (ou démarrer) des groupes où se rassemblent les gens dans vos centres d’intérêt

Instagram Icon Instagram représente la nouvelle plateforme que les jeunes utilisent. Si votre lectorat est plutôt jeunesse, mieux vaut priorisé celle-ci. Ses caractéristiques sont:

  • Image visuelle prédominante
  • Texte secondaire
  • Nécessité d’utiliser les hashtags (mots-clics) pour cibler son public et augmenter sa visibilité

Bien sûr, Instagram appartient à Facebook alors plusieurs fonctionnalités convergent entre les deux.

Twitter icon Twitter, quant à lui, est légèrement en déclin et sa communauté est très ciblée. Les abonnés peuvent vous suivre, mais sont souvent inondés d’autres tweets. Ce réseau se concentre sur:

  • Texte court et efficace
  • Utile pour suivre l’actualité.
  • Comprend quelques initiatives littéraires qui méritent de s’en inspirer (ex: #vendredionlit, #mercredicadavreexquis et @CommunAuteurs)
  • Nécessité d’utiliser les hashtags (mots-clics) pour cibler son public et augmenter sa visibilité

Les campagnes web

Tout le monde le sait, tous les réseaux offrent la possibilité de faire des campagnes de promotions. Facebook est de loin le plus utilisé et il est vrai que les promotions payantes peuvent aider.

Garder en tête que l’argent se dépense ridiculement vite sur le web et qu’il vaut mieux apposer des limites.

TRUC DE PRO

Au lieu de créer des publicités peu révélatrices, il est toujours préférable de « booster » ses propres publications et d’occasionner un véritable engouement. Il faut toujours garder en tête que les « likes » organiques sont bien plus significatifs et durables. Vous voulez développer une vraie relation avec vos lecteurs.

À NE PAS FAIRE

À mes débuts, j’ai commis l’erreur de payer pour des « likes » avec une campagne Facebook. Vous savez, cet endroit où l’on vous propose de « Promouvoir votre Page ». J’avais déterminé, toute innocemment, que si une personne parlait la même langue que moi, elle était sujette à s’intéresser à mes livres. J’avais donc inclus dans ma promotion des gens d’aussi loin que l’Afrique.

Si vous oublier de bien cibler votre public et que vous visez trop large, vous allez vous retrouver avec des abonnés fantômes. Pire encore, les abonnés de certains pays ont développé tout un système de création de faux comptes et vont anéantir votre investissement sur Facebook.

L’idéal, quand on souhaite faire une campagne publicitaire, c’est surtout de bien se préparer et d’établir une stratégie. Au lieu de jeter son argent par les fenêtres, il est mieux de cibler les bonnes personnes. Connaissez votre public cible et ce qui l’aime vraiment.

En l’absence de gestionnaire de communauté, l’auteur seul se contente de faire de son mieux évidemment. Que se soit par des capsules vidéo, des sondages ou des questions/réponses. Tout est possible et l’important s’est de vous faire connaître et de partager votre passion.

Trouver le bon contenu

On devrait diffuser sur le web une proportion de 80% de contenu organique contre seulement 20% de contenu promotionnel.

Pour ce qui est des besoins du métier d’écrivain, les deux sphères sont assez difficiles à distinguer. En résumé, pour ce qui est d’un artiste, le produit professionnel en soi, c’est lui-même. Nous représentons nos livres, nous sommes les créateurs, le cœur et l’âme si vous voulez. Les gens qui vous suivent sur les réseaux sociaux veulent vous connaître, savoir ce qui vous inspire, ce que vous aimez ou pas. Donc, il faut bien garder en tête qu’il est autant possible de montrer sa prochaine couverture de livre que de raconter comment le livre a été écrit.

Faire une annonce

Il faut comprendre que les réseaux sociaux consistent en un monde éphémère, surchargé d’informations. Avez-vous déjà tenté de retrouver un « post » publié la journée d’avant? Pas facile, non. Quand il vient le temps de faire une grande annonce, comme un lancement de livre par exemple, privilégier toujours:

  • un délai raisonnable (max 1 mois d’avance)
  • un rappel des informations clés (pour ne pas que vos abonnés passent tout droit)
  • d’entretenir l’engouement (révélation par palier, question mystère, etc.)
  • un événement officiel pour laisser une trace

Se faire confiance

La plus grosse révélation que j’ai eue en suivant cette formation, c’est que je dois apprendre à me faire plus confiance. Peu d’entre vous le savent, mais je travaille dans le monde du numérique depuis plusieurs années. J’en comprends donc d’or et déjà les rouages et l’utilisation des réseaux sociaux me vient comme d’une seconde nature. Par contre, le sens de l’autopromotion, ne me vient pas tout aussi aisément. J’avoue souvent avoir peur de me répéter ou de déranger les gens qui me suivent, mais ceci en vient à résumer le principe même des réseaux sociaux.

Sur le web, les gens sont habitués a se faire harceler d’informations de part et d’autre et ils s’attendent à ça. Ils n’ont pas non plus de mémoire à toute épreuve et il n’est pas mal vu de répéter ou de réutiliser une même image, un même article tant qu’on reste dans la limite du raisonnable.

Je prends donc comme résolution cette année d’arrêter de m’excuser à vous qui me suivez. Je vais m’exprimer haut et fort et j’espère pouvoir bien discuter avec chacun d’entre vous dans le monde virtuel si ce n’était pas dans le monde réel. Je vous dis donc à la prochaine, car vous n’avez pas fini d’entendre parler de moi.

Un speed dating littéraire à l’UNEQ

Speed dating littéraire à l'UNEQ

Cette année 2019, je me suis donné plusieurs objectifs concrets et, parmi ceux-ci, il y avait celui de participer à encore plus d’événements littéraires. Il faut dire que je suis membre de l’UNEQ depuis deux ans et que je n’ai pas participé à plus d’une ou deux occasions à leurs activités pourtant très variées. Il me fallait donc remédier à cela.

J’ai pris alors mon courage à deux mains et fait un trou dans mon agenda (déjà bien remplis) pour y placer plusieurs événements intéressants. Aujourd’hui, je vais vous parler des superbes rencontres que j’ai eues lors d’un speed dating pas comme les autres. C’est le vendredi 22 février que s’est déroulé l’atelier intitulé «Diversification des revenus pour écrivaines et écrivains». Un sujet fort pertinent, puisque, en tant qu’écrivain (et artiste), il n’est pas toujours facile d’obtenir un revenu stable et encore moins de gagner sa vie avec son art. C’est une question à laquelle je tente de répondre au quotidien et où les plus pessimistes nous rabrouent souvent les pires vérités : Est-il possible de vire de son écriture? Ou du moins de gagner un revenu conséquent et donc permettant de poursuivre cette pratique sur le long terme.

«Bonne question!» me direz-vous. J’ai donc enfilé mon baluchon et suis partie à l’aventure sans trop d’attentes, mais avec l’espoir de trouver réponse à mes nombreuses questions. Il faut savoir que je me considère encore comme une auteure débutante et que je suis très loin d’être informée sur tous les programmes, subventions et autres sources de revenus potentielles. J’allais donc l’esprit ouvert et un cahier de notes à la main.

Veut, veut pas, l’écrivain ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche. Les factures s’accumulent vite et des sources de revenus additionnelles ne sont jamais de refus.

Il faut comprendre tout d’abord que le statut professionnel des artistes (S-32.01) ne prévoit pas de salaire minimum. La rémunération de l’auteur est donc plutôt variable et vient d’un compromis avec l’éditeur. Difficile ainsi de gagner sa vie avec l’écriture et d’obtenir un revenu stable. J’ai appris toutefois qu’il existe plusieurs moyens pour bonifier et varier ses revenus. Rien de moins! Alors voici une liste non exhaustive de sources de revenus pour les auteurs du Québec (et par moment du reste du Canada). Notez que chaque programme à ses conditions, il faut parfois résider sur place, parfois non, parfois renouveler son inscription annuellement, parfois non. Bref, c’est du travail tout ça, mais quand on reçoit un chèque au bout du compte, ça fait du bien au porte-feuille. 🙂

Trois écrivains sur quatre (78% ou 1180 personnes) ont obtenu en 2008 des revenus tirés d’autres activités que la création littéraire. Pour la majorité (61% ou 920 personnes), au moins une de ces activités était liée aux lettres.
— Observatoire de la culture et des communications, Les écrivains québécois. Portrait des conditions de pratiques de la profession littéraire au Québec, 2010, p. 61

Les 4 sources de revenus pour écrivains au Québec

1) Programmes de rétribution

Ces programmes sont ouverts à tous les auteurs du Québec et sont créés par des organismes à but non lucratif dont la mission est de payer les redevances en droit d’auteur. Il faut simplement s’inscrire à leur programme pour pouvoir réclamer votre dû, c’est pas plus compliqué! Et si une nouvelle publication venait à paraître, il faudra leur communiquer l’information pour qu’ils tiennent votre dossier à jour. Un chèque par année sera envoyé par la poste à votre nom. Ça ne se refuse pas.

  • Copibec : Un nom qui doit dire quelque chose à pas mal de gens. Mais encore… Il s’agit de la société québécoise de gestion collective des droits de reproduction. Recevez un petit montant chaque année pour chaque titre inscrit à votre nom. Si un organisme, une école ou autre établissement venait à demander la reproduction (photocopie) de vos livres, vous recevrez un montant proportionnel aux nombres de copies. Ça vaut le coup d’essayer! En plus, les livres enregistrés dans la base de données deviennent disponibles à bons nombres d’institutions officielles.
    Inscrivez-vous
  • Droit de prêt public (DPP) : le Conseil des arts du Canada verse des compensations aux auteurs pour tous les livres papier, livres audio et livres numériques mis en accès public gratuit dans les bibliothèques du Canada. Un montant sera accordé à l’auteur (co-auteur, illustrateur, traducteur, etc.) pour chaque titre inscrit et le nombre de fois que les livres ont été répertoriés (occurrence). Le calcule du montant total se fait pour les cinq années précédents la publication et ce pour les 25 années précédent la sortie d’un titre. 1 année pour 1 titre équivaut environ environ à 50$. Le calcule est rapide à faire.
    Inscrivez-vous (avant le 1er mai)

2) Programmes de diffusion

Ce type est peut-être le plus connu du public puisque celui-ci est directement impliqué. On peut penser ici aux lectures, conférences et prestations en tout genre de la part des auteurs. Elles se donnent dans des salles de spectacles, dans des bibliothèques et même dans les salles de classe. Il est dit que cette source de revenue pour les auteurs correspond à près de 45% de leur revenu total comparativement aux 3 autres types.

L’UNEQ propose un programme de rencontres très intéressant pour les auteurs admissibles qui seront rémunérés. Voici quelques exemples:

  • Tournées-rencontres : L’auteur peut organiser des rencontres dans les bibliothèques et organismes de diffusion culturelle. Seuls les membres de l’UNEQ sont admissibles. Les honoraires versés jouent autour de 250$ par rencontre.
  • Parlez-moi d’une langue! Rencontrer des étudiants aux Cégeps et à l’université, ça vous intéresse? Les honoraires versés varient selon le type de rencontre : atelier ou conférence (400$); causerie (300$); table ronde (200$). Et tous les auteurs sont admissibles.
  • La culture à l’école : Rencontres dans les écoles primaires et secondaires. Il faudra s’inscrire au répertoire des Ressources-culture-éducation. Les honoraires vont par paquets : 3 ateliers d’une heure avec groupe de 35 élèves OU 4 ateliers de deux heures avec groupe jumelé de 70 élèves (325$).

Inscrivez-vous avec l’UNEQ

3) Activités connexes

Le troisième type consiste à exploitez concernent plutôt les compétences et l’expertises avec l’écriture dans un domaine connexes tel que devenir membre d’un jury, réviseur, traducteur, membre d’un comité de lecture ou bien donner des formations en lien avec l’écriture.

  • Le programme de parrainage pour les écrivains de la relève est un service offert par l’UNEQ. Chaque année, des écrivains sélectionnés sont jumelés avec un auteur plus expérimenté pour mener à terme un projet d’écriture. L’écrivain-conseil devra accorder son temps sur une période de 4 mois et rencontrer son élève au moins 4 heures par mois. Un rapport devra être rempli à la fin de la période de parrainage. La rémunération est de 2500$ pour l’écrivain-conseil. Si vous avez plus de 3 publications à compte d’éditeur et êtes membre de l’UNEQ, tentez votre chance durant la période d’inscription.
  • Le Conseil des arts du Québec est toujours à la recherche d’auteurs (dans tous les genres) pour analyser les projets littéraires et évaluer leur admissibilité pour l’attribution de bourses. Si vous avez publié plus de 3 textes dans une maison d’édition à compte d’éditeur, vous êtes admissible en tant que jury.

4) Programmes de financement

Pour un projet d’écriture en cours, un besoin de recherche en résidence dans un domaine en particulier, il existe toutes sortes de bourses accorder par le Conseil des arts et des lettres du Québec ou du Conseil des arts du Canada. Quoi de mieux que de recevoir de l’argent pour écrire? Reste que les places sont limitées et qu’il faut remplir plusieurs formulaires et lettres de motivation pour bien justifier le fondement du projet. Ça vaut tout de même le coût si c’est pour réaliser le projet de vos rêves! Consultez leurs listes de bourses respectives pour voir ce qui pourrait vous intéresser.


Au final, je suis arrivée dans cet atelier speed dating avec une question: est-il possible pour un écrivain de vivre de sa passion, de gagner de l’argent avec l’écriture? La réponse finale est positive. Je suis donc sortie les yeux brillants et la tête pleine de projets. Certes, il faut s’atteler dans la paperasse et respecter les délais d’attente et d’inscription, mais, au final, je crois que c’est faisable. Je crois qu’il est possible au Québec de gagner de l’argent avec son écriture. Peut-être pas d’en faire un métier à temps plein pour l’instant, mais, du moins, d’arrondir ses fins de mois, de voyager par l’écriture et de contribuer à faire rayonner la littérature québécoise.