Pour la science… fiction!

Pour la science-fiction - étude sociologique

En temps de non-pandémie, il m’arrive, en tant qu’auteure, de participer à des activités tout aussi stimulantes que salutaires. Plus particulièrement en ce qui a trait au genre de la science-fiction, j’ai toujours eu l’espoir d’y contribuer à ma façon en analysant notre présent et, j’ose dire, dépeindre notre avenir. Évidemment, il n’y a pas de meilleure façon de faire que d’offrir son temps à la science et aux chercheurs qui travaillent d’arrache-pied pour y parvenir.

C’est par le biais des médias sociaux et une certaine dose de chance que mon chemin à croiser celui de Katherine Labrecque, étudiante au doctorat au Centre Urbanisation culture, société de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). J’ai ainsi entendu parler de son étude servant à documenter les pratiques de sociabilité au visionnement de séries de genre science-fiction et d’examiner leur rôle dans la construction des valeurs de jeunes adultes québécois(e).

Le sujet m’a tout de suite attiré et je me suis lancée dans cette aventure pour servir en quelque sorte de cobaye. N’ayez crainte, il n’est pas ici question de seringue aux injections mortelles ou d’une IRM qui décortiquerait mon cerveau. J’ai bel et bien pu garder mes 2 mètres de distance prescrits et participer à l’étude par mes simples confidences et anecdotes personnelles. Une étude sur la socialisation, ça se discute, ça s’observe, mais pas besoin de visite en laboratoire. Ouf! À dire vrai, le tout peut même se faire en ligne, sur les réseaux sociaux grâce à la technologie.

Ainsi donc, j’ai participé à un premier entretient le vendredi 13 mars aux locaux de INRS. L’étude porte pour nom exact : «Se connecter entre amis autour des séries de science-fiction: Le rôle des pratiques de sociabilité dans la construction des valeurs de jeunes adultes québécois» et j’ai dû consulté la documentation pour ne pas me tromper. 🙂

Comme je l’ai expliqué plus tôt, je me suis sentie immédiatement interpellée par ce sujet. Évidemment, je me compte encore (espérons-le) parmi le groupe des jeunes adultes susmentionnés et, qui plus est, j’entretiens une passion débordante pour les séries télé ainsi que la science-fiction dans tous ses genres sous-jacents. Je n’avais donc pas le choix que d’y participer.

Durant mon premier entretien, qui a durée environ 3 heures, j’ai pu rencontrer Katherine en personne, une jeune chercheuse curieuse et passionnée. Nous avons eu des discutions étonnements profondes sur plusieurs univers futuristes et j’ai pu lui expliquer à quel point ceux-ci ont contribué à forger la personne que je suis aujourd’hui. Étonnant? Oui. Mais tout à fait vrai!

C’est que la science-fiction vient avec ce pouvoir de réflexion incommensurable et, à première vue, sans limites. Celle-ci nous alerte, nous motive, nous inspire et nous fait voir autrement. Des initiatives underground naissent au fur et à mesure que la société évolue. Je pense, entre autres, aux nouveaux genres comme l’afrofuturisme, le solarpunk et à tous ceux qui vont suivre. Selon moi, au grand jamais, un genre de l’imaginaire n’a été aussi vivant et renouvelable! Je le dis donc aujourd’hui et je le répéterai longtemps encore, les littératures de l’imaginaire sont juste une autre façon de parler de notre réalité en tant qu’être humain. Pour toutes ses raisons, je vous souhaite à votre aussi de garder l’œil brillant face à l’avenir, surtout dans les temps les plus sombres.

«Le Roi des ombres» est-il une uchronie?

«Le Roi des ombres» est-il une uchronie?
Une question qui peut paraître banale, mais que j’ai dû me poser bien malgré moi. C’est à la suite d’une chronique littéraire sur mon plus récent livre «Le Roi des ombres», que j’ai appris (ou réaliser si on veut) que certaines personnes souhaitent le classer comme étant une uchronie. Les propos de la blogueuse belge Ombre Bones et de son article sur le sujet (https://ombrebones.wordpress.com/2018/05/02/le-roi-des-ombres-stephanie-sylvain/) m’ont fait voir autrement les choses. À l’intérieur, elle affirme qu’elle a eu affaire à «un roman d’uchronie fantastique», une terminologie qui m’a fait sourciller. Mais voyons de plus près de quoi il s’agit.
En fait, l’uchronie est un genre se basant sur la réécriture de l’Histoire (avec un grand H) à partir de la modification d’un événement passé. Par exemple, un récit voulant démontrer ce qui se serait produit si Hitler avait étudié aux beaux-arts («La part de l’autre», Éric-Emmanuel Schmitt). Cet exemple très clair change la face du monde tel qu’on la connaît aujourd’hui et est très certainement une uchronie formidable. Il s’agit de modifier une pièce du puzzle et de répondre à la fabuleuse question du : «qu’est-ce qu’il serait arrivé si…». Un jeu que j’aimerais parvenir un jour à faire, mais que je ne prétends pas encore maîtriser. En effet, il faut un nombre incalculable de recherches basées sur des témoignages, des correspondances, etc., pour y parvenir.
«Le Roi des ombres» a été pour moi un terrain de jeux purement métaphorique. Je m’y suis amusée à réécrire en quelque sorte l’Histoire en y ajoutant des éléments surnaturels. Mais l’essence même du récit n’est pas la retranscription historique et la chasse aux faits. L’époque médiévale est bien sûr très éloignée de la nôtre et les preuves décrivant la vie exacte des nobles du royaume de Navarre entre 1076 et 1077 est très difficiles à déceler. Disons plutôt que j’ai récolté quelques faits et saupoudrer par la suite un mélange de vraisemblance et de magie. Je ne me prétends pas pour le moins du monde être une historienne et ne possède pas suffisamment de connaissances sur la culture hispanique du moyen-âge. Mon objectif était plutôt de me consacrer aux belles aventures palpitantes et à la lame bien acérée.
Alors si je dois répondre à la question : «Le Roi des ombres» est-il une uchronie? Ma réponse serait très certainement négative. Le contexte historique n’est qu’un prétexte à une aventure tout droit sortie de l’ombre. Il est vrai que le roi Sanche IV, sa reine Agnès ainsi que son cousin Ramirez ont bel et bien existé. La trahison a, elle aussi, eut court, mais le résultat en a été pour le moins plus triste encore que mon récit. En tant qu’auteure, j’ose franchir les limites et m’approprier le cours des événements. J’espère que vous ne m’en voudrez pas pour cet écart de conduite. Je vous dis donc à la prochaine et vous souhaite une bonne lecture.