Ma passion pour l’évasion – partie 3/3

Ceci représente l’ultime partie de mon voyage à ce jour. Sur le chemin, j’ai connu toutes sortes d’embûches, presque autant de bons coups que de mauvais, mais j’ai réussi à garder le cap. Au final, je me suis rendue compte peu à peu que mon voyage livresque était loin de se terminer. En tout, il s’est passé plusieurs années entre chacun de mes projets. En additionnant les périodes de création pure, de rédaction, de réécriture, puis d’attente auprès des maisons d’édition, j’ai connu mon lot d’incertitudes et de découragements. Dans le meilleur des cas, mes pensées dérivaient ailleurs et une envie pressante de passer à autre chose me pesait. Un nouveau projet devait alors voir le jour.

En y réfléchissant bien, j’ai toujours senti le besoin de m’évader avec l’écriture, mais mes envies me poussaient progressivement vers quelque chose d’encore plus insolite, du jamais-vu pour moi. L’une des nombreuses craintes d’un auteur est souvent d’écrire le même livre deux fois ou à répétition, comme s’il serait coincé dans ses idées fermées. J’entends bien ici que les mots seraient quelque peu différents, mais que le reste viendrait à redire ce qu’on a déjà été dit. Moi, je voulais ne prendre aucun risque et créer quelque chose de complètement différent, au risque de moins me ressembler peut-être. Il m’est alors venu l’idée d’écrire en duo. Évidemment, je ne pouvais pas choisir n’importe qui comme partenaire de voyage. Ma très chère collègue, Withney St-Onge B. s’est révélée la parfaite candidate. C’est de nos deux cerveaux que Déviance est né!

Cette fois, l’odyssée fut bien différente de ce que j’avais connu en solo. Beaucoup plus crue et sanglante. Je dis souvent que personne ne peut lire «Déviance» sans en sortir indemne… et c’est franchement vrai! Il y a dans ce livre des choses que je n’aurais jamais écrit seule. Des choses horribles… mais horriblement vraies. C’est un voyage d’un autre genre complètement. Moins métaphorique, plus dans ta face. Un genre de coup de poing qui est là à la fois pour choquer, à la fois pour dénoncer. Un thriller dystopique qui regroupe nos pires cauchemars en ce qui a trait à l’humanité. Moi qui aimais dresser un portrait fin et brossé de la société, je me suis lâchée lousse.

Certains disent qu’il n’y a aucun avantage à s’éparpiller dans plusieurs genres littéraires. En tant qu’auteur de science-fiction, de fantastique et de fantasy, je ne peux pas faire autrement que de considérer une seconde voie. Je sais que la plupart de mes lecteurs n’aiment pas tous mes romans. Je les comprends parfaitement. Mais mon esprit n’est pas du genre à vouloir s’enfermer dans un carcan. Il aime voyager, être libre d’explorer, tester ses limites, s’aventurer en terra incognita. Je suis peut-être un de ses auteurs sauvages qu’on ne peut dompter, quitte à nuire à mon propre succès éditorial.

Reste que j’aime me laisser guider par la pulsion du moment. Un instinct qui m’encourage dans une direction ou une autre, au gré du vent. Je ne peux pas prédire l’avenir… et c’est bien comme ça. Pour ceux qui auraient besoin de me placer dans une case, sachez que je ne fais pas exprès de virevolter à droite et à gauche. C’est qu’il y a tellement de sujets intéressants à exploiter et d’aventures à découvrir. Il y a peu de temps, je me définissais simplement comme une auteure de l’imagine. Or, j’ai moi-même failli à cette règle en m’aventurant dans la fiction réaliste (Nos héros). 

Je conclurai donc avec ceci : je me définis aujourd’hui comme une auteure, point final. Il ne devrait pas y avoir d’étiquettes ou de barrières pour les créateurs. Je suis une artisane des mots, voilà! Les personnages sont au centre de mes histoires, le propos est décortiqué sur tous les angles. C’est à peu près tout ce qu’il faut pour décrire mon style. Et, si vous trouvez encore que je voyage au-delà de mon champ d’expertise pour l’avenir, pensez au fait que les auteurs libres devraient se laisser porter d’un projet à l’autre selon leurs envies. Laisser parler son cœur et sa plume fait un bien fou à quiconque. C’est ainsi seulement que je peux vous promettre que le voyage en vaut la peine. J’espère que maintenant, on se comprend, entre vadrouilleurs des temps modernes.

Alors, en voiture, Simone! (Bon je sais je suis trop jeune pour cette expression, mais elle me fait toujours bien rigoler)

Ma passion pour l’évasion – partie 2/3

Mesdames, messieurs, iel, bien le bonjour! J’espère que votre siège est bien ajusté et que vous avez passé un voyage agréable jusqu’à maintenant. Nous sommes présentement à mi-chemin de notre destination. Présentement, nous survolons les années 2012 à 2021 dans la carrière de Stéphanie Sylvain, auteure de l’imaginaire. On prévoit quelques zones de turbulences pour la suite alors attachez votre ceinture. Ça risque de braser un peu!


Après la sortie de mon premier roman «Les Gokans», je considérais que mon entrée dans le milieu littéraire était accomplie, la boucle avait été bouclée. La suite serait plus que prometteuse. L’accès à la publication grande ouverte. Et dès que la poussière du lancement et de la mise en vente est retombée, j’ai ressenti un besoin presque insolvable de renouveler l’expérience et, qui sait, d’aller encore plus loin. Après tout, il suffit d’un voyage dans l’écriture pour nous donner la piqûre. Je DEVAIS repartir… mais pour aller où?


Pour ma prochaine aventure (car il faut se rappeler que rédiger un roman est un travail de longue haleine) j’ai décidé de plonger dans l’historique. L’idée de mélanger des faits réels avec de la fiction pure et dure, de pouvoir remonter dans le temps et jouer avec des célébrités du passé, s’est révélée plus forte que tout. Et puis, pourquoi pas y ajouter un phénomène magique, voir surnaturel, pour chambouler l’ordre établi? (J’aime un peu foutre le bordel, quoi!)

C’est devenu ma nouvelle pulsion à assouvir. Je devais écrire un nouveau livre! Le problème était que : je ne suis pas historienne. Encore moins médiéviste! Or… j’ai toujours aimé me lancer des défis, me mettre dans le pétrin et tenter de m’en sortir, écrire ce que je pense n’avoir jamais été fait ou, disons, le moins possible, auparavant. Sortir des sentiers battus n’est pas facile, certes, mais je croyais en être capable. Au final, j’y suis parvenue plus ou moins, mais j’étais loin d’imaginer que cela allait me prendre près d’une décennie. «Le roi des ombres» est paru en 2018 en France avec moult efforts et sueurs froides. Ce fut une première édition qui me laisse un goût amer. Avec le recul, je dois avouer que ce projet ambitieux était peut-être démesuré pour ma petite personne.

Encore aujourd’hui, j’ai peur d’avoir fait fausse route, de mettre trompée quelque part, d’avoir accumulé les anachronismes à en faire titiller les historiens. Sans trop entrer dans les détails, mon expérience de publier à l’étranger dans une petite maison d’édition sans véritable direction littéraire s’est révélée pour le moins décevante. Au final, j’en ressors avec aucun sentiment d’accomplissement. C’est pourquoi je me suis remise à la tâche. En temps normal, lorsqu’un livre est enfin imprimé, l’auteur considère que c’est terminé, qu’on ne peu plus rien changé, qu’il vaut mieux passé au prochain appel. C’est peut-être moi qui aime l’autoflagellation, mais j’ai pris la décision que le voyage ne faisait que commencer ici. J’ai pris la décision fixe de sortir une réédition révisée de mon histoire, cette fois, en toute connaissance de cause. J’y travaille actuellement depuis 3 ans.

En fait, tout a commencé avant la pandémie. J’ai décidé, de prime abord, d’aller voir par moi-même. Oui, oui, j’allais prendre l’avion, un vrai, et m’envoler de l’autre côté de l’Atlantique. Mon but était d’aller moi-même visiter les décors de mon histoire, de revivre l’époque médiévale et de tenter de reconstruire tout ça de façon cohérente. Je suis donc partie pour un tour de l’Espagne et du sud de la France. J’ai traité plus en détail de ce voyage par ici. En résumé, les billets, je les ai payés avec mon propre argent. L’initiative s’est faite sans aucune promesse d’un éditeur. Au final, j’ignore encore aujourd’hui si le livre ressortira un jour. Je croise les doigts plus forts que jamais pour que mon rêve devienne réalité. Pour écrire «Les Gokans», je ne suis jamais allé au Japon. Mais cette fois, je voulais aller au bout de mon idée.


À mon retour de voyage, je me suis donc mise au clavier et la réécriture a commencé. Je m’y suis penchée pendant presque une année pour me rendre compte… que ce n’était toujours pas suffisant. Je n’étais pas encore satisfaite. J’ai donc décidé de passer au prochain niveau en recrutant un expert dans le domaine. J’en ai trouvé un qui a accepté de travailler pour moi en répondant à mes (trop) nombreuses questions sur l’époque et le milieu. Cette étape vient de s’achever et je vais enfin pouvoir rectifier et peaufiner mon œuvre pour de bon. Ma cible serait de le soumettre définitivement avant Noël. Par la suite, les professionnels trancheront sur la question à savoir si j’ai eu raison de me battre si longtemps avec cette intrigue qui me tient tant à cœur. J’espère un jour pouvoir vous offrir une histoire digne de ce nom, mais je ne peux vous promettre qu’une seule chose : j’aurai tout fait ce qui était en mon pouvoir pour que le séjour vous soit des plus agréables.


Alors, si vous avez la patience d’attendre la prochaine livraison transcontinentale et faire le voyage avec moi, détendez-vous et prenez place. Vous ne regretterez pas d’avoir espéré tout ce temps.

Ma passion pour l’évasion – partie 1/3

Bienvenue à tous dans l’univers étrange et intangible d’une auteure montréalaise. Permission de monter à bord, accordée! Mesdames, messieurs, iel, bienvenue à vous.

Vous entrez à présent dans le véhicule transcendant de Stéphanie Sylvain. Hé oui! C’est moi qui vous parle en direct de mon bureau. De votre côté, vous êtes peut-être confortablement assis sur un banc ou un fauteuil. Vous déambulez peut-être dans les rues, rivé à votre téléphone cellulaire. Ou même, qui sait, vous êtes dans un véhicule, un métro, un yacht en train de vous déplacer sans effort. (Je ne juge personne ici.) L’important est que votre voyage a déjà débuté à mes côtés. C’est tout là la magie de la lecture, l’essentiel de ce plaisir des mots lorsqu’un auteur les manipule avec brio.

Cette activité possède bel et bien une faculté magique. Avec seulement des feuilles de papier, de l’encre (ou des pixels) faites de noir et de blanc, on peut se retrouver à n’importe quelle époque, n’importe où dans le monde et dans une infinité de circonstances. Tout ça, à prix modique! Voici ma manière de voir les choses.

Et, depuis les tous débuts de mon état embryonnaire d’être créateur, le seul objectif que je souhaite vraiment accomplir avec l’écriture est, d’abord et avant tout, de voyager, puis, par procuration, amener avec moi les lecteurs. Avec ma toute première tentative de roman, j’ai tenté de bâtir un monde imaginaire le plus éloigné possible du mien. Ce fut d’abord par instinct. En vrai, je voulais simplement sortir de mon quotidien, parcourir des kilomètres en restant chez moi. Ça se révèle très pratique quand on a que 12 ans ou qu’une pandémie frappe sans crier garde.

Pour ma part, j’ai commencé avec la fantasy, un monde créé de toutes pièces, un endroit fascinant où la magie et les créatures règnent en maître. De grands noms comme celui de J.R.R. Tolkien (Lord of the ring), Gygax et Arneson (Dongeons & Dragons) et, plus tard,  George R. R. Martin (Game of thrones) m’ont fasciné.

Et puis, plus près de chez moi, j’ai découvert Anne Robillard (Les chevaliers d’Émeraude), Bryan Perro (Amos Daragon) et Hervé Gagnon (Le talisman de Nergal) qui ont forgé mon imaginaire. De parfaits exemples pour bien être dépaysé.

J’ai aussi connu la percer incroyable des mangas et animés japonais dans les années 90. Des créateurs mythiques comme Akira Toryama (Dragon Ball), Naoko Takeuchi (Sailor moon), Studios Ghibli et le groupe CLAMP m’ont fait grandir de belles façons.

C’est de toutes ses inspirations uniques que j’ai tissé ma toile et voulu débuter mon propre voyage. De tous les lieux existants, j’ai choisi pour mon premier roman de commencer mon voyage au Japon. Cette culture si différente de la mienne, ses traditions ancestrales et son ouverture sur l’imaginaire incroyable en ont fait un terrain de jeux aussi plaisant qu’enrichissant. «Les Gokans : la beauté dans l’obscurité» est né de mes multiples passions et de ma curiosité sans bornes sur le sujet. Le côté légendaire des samouraïs d’antan m’a aussi vraiment fasciné. Vers l’âge de 13 ans, j’ai débuté cette épopée et l’ai portée à bout de bras ce manuscrit jusqu’à sa publication officielle en 2011. J’avais 21 ans au moment de la sortie du livre et je m’en souviens encore comme si c’était hier. Un voyage pour le moins impérissable dans mon esprit…

Ma première soumission à un appel à projets

Il y a des années qui marquent plus que d’autres. Pour ma part, 2020 a été plutôt hors norme… et pas pour les raisons que vous vous imaginez. Les plus perspicaces d’entre vous ne se sont pas laissés bernés et ont retenu le titre de ce billet, je parle bien entendu de ma première soumission à un appel à projets. Laissez-moi vous raconter cette belle épopée… mais avant, récapitulons un petit peu les faits.

Il n’y a pas si longtemps, j’étais convaincue que le travail d’écrivain ne se résumait qu’en une seule et même facette : écrire une fiction selon la pulsion du moment, selon l’humeur et la passion du créateur. Que se soit une série étoffée ou bien une nouvelle littéraire, l’important était que cela permette à l’auteur de mettre ses trippes sur la table et de s’exprimer librement. Pourtant, on apprend, à force de côtoyer les acteurs du milieu, que l’écriture comprend plusieurs autres voies. Il s’agit d’un univers complexe et bien mystérieux vu de l’extérieur. Je peux vous citer comme exemples les écrivains fantômes (ghostwriters), les appels de texte et les collectifs. En fait, il y a plusieurs incitatifs pour écrire, point final.

Plus spécifiquement, j’ai entendu tout au long de mon parcours des légendes obscures racontant que des éditeurs professionnels faisaient parfois des commandes spécifiques à des gens pour des projets d’écriture. Il s’avère que cette information n’est pas totalement infondée, mais j’étais convaincue qu’elle concernait uniquement les auteurs vedettes et ultras talentueux auxquels je n’arrive même pas à la cheville. Pourtant… en 2020, on m’a tendu une perche. Non pas que je suis devenue riche et célèbre entre temps, mais les circonstances ont fait que je me suis retrouvée au bon endroit, au bon moment. Ce phénomène est d’autant plus incroyable, car il s’est reproduit pour moi à deux reprises en 2020. Je peux maintenant vous en parler plus en détail, car les deux dits projets sont déjà sur les tablettes des librairies. Alors voici…

Le premier est arrivé en début 2020, au pire moment de la crise, c’est-à-dire en pleine pandémie. Je parle bien sûr du collectif «Nos héros» qui se voulait un recueil de fictions mettant à l’honneur les travailleurs des services essentiels. Tout a commencé le 9 avril lorsque le directeur des Éditions Monarque a lancé un appel d’offres à tous les auteurs du Groupe AdA. Vous imaginez qu’il y avait de la compétition dans l’air même si ça restait à l’interne. Moi qui n’ai pas peur de la contrainte et qui veux absolument ne pas laisser passer une seule opportunité de faire mes preuves, j’ai décidé de me lancer dans le vide. Évidemment, je n’ai pas été la seule avec la même idée et nous avons tous dû rédiger des synopsis béton pour nous faire sélectionner. Même si mon projet n’était pas encore écrit et que mon éditeur pouvait éliminer des candidats à tout moment, j’ai foncé sur mon clavier et laissé couler l’inspiration.

D’un côté, j’étais contente de travailler en terrain connu, avec un éditeur et des collègues plutôt familiers. De l’autre, j’avais plusieurs contraintes à tenir, en l’occurrence : le genre, le nombre de mots et un délai ultra serré. Moi qui écris habituellement à la vitesse d’un escargot, la décision n’était pas à prendre à la légère. Étant donné que toutes mes tentatives pour dériver des genres de l’imaginaire s’étaient révélées auparavant infructueuses, j’ai pris ça comme un défi. Après tout, la contrainte a cette capacité de nous faire sortir des sentiers battus et de nous pousser au-delà de nous même. Finalement, je ne suis pas du tout déçue du résultat. Avec ma novella «Du papier et des arcs-en-ciel», j’ai pu explorer la littérature blanche (comme on la surnomme) et aborder le thème des relations père-fille, ce que je n’avais jamais fait jusqu’ici.

Ma deuxième expérience d’appel d’offres fut un peu différente, mais ô combien enrichissante. Tout a déboulé après un message sur les réseaux sociaux de l’auteur jeunesse chevronné Mathieu Fortin. C’est à la fin mai 2020 qu’il a annoncé vouloir faire un collectif de livre-jeu dont tu es l’enquêteur. Le concept m’a tout de suite accroché étant donné qu’il y avait aussi un soupçon de paranormal à ajouter à la sauce. J’ai donc signalé mon intérêt et rédigé un synopsis d’enquête.

Le problème était que je n’avais pas vraiment consulté mon agenda à ce moment précis. Comme pour «Nos héros», le collectif avait une contrainte de temps serré et, étant donné que j’avais déjà dit oui au premier, il me fallait jongler entre les deux manuscrits à certains moments. Au final, tout s’est emboîté à la perfection et, alors que j’étais rendu à l’approbation de l’épreuve finale pour l’un, je concluais le premier jet pour le deuxième. Avec cette deuxième expérience, j’ai ainsi pu travailler avec des auteurs d’expérience en plus de pouvoir explorer la littérature jeunesse. Malheureusement, la pandémie m’a contraint à me distancer de mes nouveaux lecteurs, mais j’ai bon espoir que la situation se rectifie à la fin de cette année. Si tel est le cas, je serai présente pour vous retrouver lors des prochains salons du livre.

Voilà voilà ce qui révèle un peu plus les mystères du monde sombre et intangible de l’écriture de fictions. Les collectifs sont, de mon expérience, toujours des appels à projets, car ils consistent à regrouper différents auteurs pour traiter d’un même thème ou format particulier. Dans tous les cas, les contraintes sont souvent multiples, certes, mais elles permettent aux auteurs de se dépasser et d’explorer des contrées encore inexplorées en se joignant les uns aux autres. Car, après tout, nous sommes toujours plus fort ensemble…

Bêta-lecture : mes débuts avec la révision

Connaissez-vous le métier de directeur littéraire ou celui de réviseur linguistique? Non! Pourtant, leurs rôles sont pour le moins essentiel dans la publication d’une œuvre littéraire. Pour les néophytes qui se sentent déjà perdus par cette distinction, rendez-vous à la fin de ce billet pour de plus amples détails. 😉


Pour ma part, je dirais que j’ai la chance de collaborer de plus en plus fréquemment avec chacun d’eux. Je dois vous avouer que je «feel» encore petite dans mes souliers face à ces grands experts. À dire vrai, j’ai souvent le sentiment d’être encore une auteure débutante, bien que j’ai jusqu’ici cumulé quelques 10 années de pratique. C’est que le temps passe si vite et qu’on ne se rend pas toujours compte de notre cheminement. Il faut parfois savoir s’arrêter et prendre du recul à ce qu’on dit. C’est un peu l’exercice que j’ai tâché de faire au cours des derniers mois. C’est grâce à une introspection poussée que je me suis rappelée que, comme beaucoup de gens, j’ai taillé ma plume en tant que membre d’un comité de lecture et comme bêta-lectrice.


Ma première expérience s’est déroulée au sein d’une maison d’édition que j’admire tout particulièrement, les Six Brumes. Ce sont, pour ainsi dire, des spécialistes des genres de l’imaginaire, en plein ce que j’adore consommer à outrance! Ç’a été pour moi une chance inouïe de découvrir les rouages de l’édition et de développer mon esprit critique en surpassant mes goûts personnels pour réussir à bien analyser un texte dans son ensemble. Évidemment, un «j’aime» ou «je n’aime pas» ne suffit jamais pour justifier le refus de manuscrit et le rôle du comité est essentiel pour faire le trie.


D’un autre côté, la bêta-lecture s’est instaurée plus progressivement dans ma vie et elle ne m’a jamais quitté depuis. Au fil du temps, mes pairs ont accepté de m’ouvrir leurs univers en acceptant de me remettre leurs manuscrits fraîchement imprimés. J’en suis encore aujourd’hui tellement reconnaissante. Mais, laissez-moi vous dire que ce n’est pas évident de commenter un texte de quelqu’un de proche. Vous le savez peut-être, écrire c’est se rendre vulnérable à certains égards.

Un texte, c’est un peu comme une mise à nu face aux lecteurs. On donne une partie de soi et on se met à la merci des lecteurs.

C’est donc peu dire que de me confier un texte inédit est une grande preuve de confiance. Je le prends chaque fois très à cœur et fais de mon mieux pour décortiquer l’intrigue et pointer ce qui va et ce qui va moins. Évidemment, chaque auteur possède un style différent et je me fais un devoir de respecter sa voix en me contentant de suggérer plutôt que d’imposer des changements. Tout comme le directeur littéraire, je ne suis pas maître de ces œuvres; je ne fais que guider son créateur dans la bonne direction. Je ne possède pas non plus la science infuse et il peut arriver que je me trompe parfois. Dans tous les cas, je pense posséder un certain talent en tant que conseillère et recevoir des commentaires d’une personne neutre est toujours la meilleure façon d’avancer.


Voir un manuscrit s’améliorer au fil du temps génère chez moi un sentiment d’accomplissement inégalé. En tant qu’auteur et en tant que lectrice, je crois que la réécriture est la clé du succès. En plus, j’aimerais toujours en faire plus pour la littérature québécoise. Il faut dire que j’adore aiguiller les auteurs débutants et partager mes connaissances lorsque possible. Mon avenir se fait de plus en plus clair désormais et j’ai décidé de me mettre officiellement au service des auteurs et de leur imaginaire.


Alors, je m’adresse à tous ceux qui rêvent de publier leur premier texte, mais qui ignorent comment s’y prendre, ceux qui se sentent incapables de dire si celui-ci recèle du potentiel. Contactez-moi dès maintenant pour obtenir un avis sincère. Chaque cas est différent et c’est pourquoi j’offre un service personnalisé à chacun. Que ce soit pour un conseil rapide ou pour un diagnostic complet, je suis là pour vous aider. Discutons ensemble des options possibles et je suis certaine que vous pourrez trouver ce que vous êtes venu chercher. Pour avoir un avant-goût des possibilités, rendez-vous sur la page des Services aux auteurs.

Sincèrement vôtre,
Stéphanie

*Et maintenant, la petite définition faite maison

Qu’est-ce qu’un directeur littéraire?

C’est un spécialiste du milieu du livre qui possède une énorme connaissance générale et une capacité d’analyse très développée. Il intervient en amont, lorsqu’un manuscrit est soumis par un auteur et sélectionné pour publication. Il s’occupe de faire une relecture étendue (bien plus que celle d’un comité de lecture). Son but est d’obtenir un texte achevé, et c’est en poussant l’auteur à aller au bout de son idée qu’il peut y parvenir. Évidemment, ce n’est pas à lui de modifier le manuscrit directement. Ça, c’est le rôle de l’auteur uniquement. Il va cependant s’assurer de répertorier toutes les incohérences, les problèmes de rythmes, les passages mal expliqués ou inconsistants, un style maladroit et d’autres codes des genres. Bref, il s’attaque au fond pour débuter, puis à la forme par la suite.

Et le réviseur linguistique?

Dans un deuxième temps, une fois que tout le travail de direction littéraire est terminé, vient le mythique réviseur. Ses chevaux de bataille sont le vocabulaire, la syntaxe, la grammaire et l’orthographe. Il connaît toutes les subtilités de la langue. Pour ma part, jamais je n’avais entendu parler d’espaces insécables avant de croiser leur route. Il chasse aussi les anglicismes qui sont souvent légion. Il suit aussi des règles de mise en page qui peuvent varier en fonction des régions et même des maisons d’édition.

Et moi dans tout ça?

Sachez que je ne suis affiliée à aucune maison d’édition pour l’instant. J’offre un service personnalisé qui se veut convivial et facile d’accès. Étant donné que je débute dans le domaine, mes prix sont concurrentiels et adaptés à vos besoins spécifiques. Je n’ai pas la prétention d’être un directeur littéraire ou un réviseur linguistique, simplement une personne qui connaît bien le milieu littéraire au Québec et qui a décidé de se mettre au service de l’imaginaire.

N’hésite pas à me contacter directement, par ici

Un salon pas comme les autres

Comme pour plusieurs auteurs et artisans, les événements publics et les rassemblements sont l’occasion du renouer avec ce milieu qui nous est si cher et, avouons-le, de mettre du beurre sur notre pain. Tranquillement, la vie reprend son cours et la situation nous permet tranquillement (j’insiste!) d’aller à la rencontre des gens pour partager notre passion. Je remarque d’ailleurs qu’il se dresser à l’horizon des personnes dévouées voulant orchestrer des occasions spéciales malgré toute l’incertitude qui règne parmi nous. Les temps sont encore troubles, certes, mais j’ai comme l’impression qu’on arrive du bon côté. C’est pas trop tôt!


Pour ma part, le 7 août dernier, j’ai eu l’occasion inespérée de mettre une pause dans mon isolement pour participer à un salon du livre vraiment pas comme les autres. Ce fut l’opportunité pour moi de contribuer à un événement privé, organisé sur le groupe, de plus en plus célèbre, «Les lecteurs de roman Noir/Horreur/Policier». Cette journée si spéciale, qui s’est déroulée à l’extérieur, sur le terrain d’une érablière à Sainte-Anne-Des-Plaines, n’est pas la première initiative du genre et porte le nom de «Salon Clandestin», un titre bien mystérieux qui donne immanquablement aux participants un sentiment d’agir à contre-courant. Je vous rassure toute de suite, les mesures sanitaires ont été respectées au mieux.


Ce que j’en retiens le plus a déjà été mentionné sur ma page officielle, mais je tenais à vous en reparler un peu ici. En résumé, il y avait une éternité (comme pour la plupart de mes collègues auteurs) que j’avais eu la chance d’aller à la rencontre des lecteurs, de vivre ça en chair et en os surtout. En vrai, cela faisait 11 mois et 29 jours pour être exact (Oui, oui, je l’ai compté). La pandémie a été difficile pour la plupart d’entres nous et elle a affecté notre quotidien à tous. C’est peut-être un peu égoïste de ma part d’avoir participer en pleine quatrième vague, mais je dois vous avouer que d’avoir laissé à la maison tous mes tracas et mes angoisses pour aller à la rencontre de personnes aussi passionnées que moi, pour parler de littérature, de la pluie et du beau temps, bref de tout sauf de ce vilain virus, m’a fait un bien fou!!!


En prime, j’y ai rencontré des personnes extraordinaires en plus de retrouver d’anciens collègues que j’avais presque oublié la face, tellement ça faisait longtemps. Aussi, je dois vous avouer que rejoindre ma chère plume-sœur, Withney St-Onge B., a été comme un baume pour mes plaies. J’en ressors pour ainsi dire galvanisée et j’espère que c’est quelques photos vous donnerons espoirs pour la suite.

Aussi, je ne remercierai jamais assez les courageux qui ont eu l’audace d’organiser cet événement contre vents et marées. Audrey Chevalier, Alex Tremm et Eric Quesnel, merciii! À tous les bénévoles aussi qui ont donné de leur temps précieux. Pour les encourager à continuer, rejoignez le groupe et soyez des nôtres pour la prochaine édition. Ça pourrait arriver plus tôt que prévu!

Écrire en temps de pandémie

Écrire en temps de pandémie covid19

Avec les aléas de la vie et un certain virus qui n’exige plus de présentation, je me rends compte que je ne vous ai pas donné de mes nouvelles depuis belle lurette. Contrairement à ce que vous pouvez penser, j’ai envisagé à plusieurs reprises de rédiger un article (évidemment, je ne vous oublie pas :)) mais j’ai mis longtemps à trouver le bon moment et, je dois l’avouée, le moral qui vient avec. Avec tout ce qui se passe présentement, j’ai été forcée de prendre un peu de recul pour trouver les mots justes, chercher l’inspiration et le courage de revenir vers vous. Voilà maintenant chose faite!

Étant donné que le monde fonctionne au ralentie dernièrement et que les salons du livre sont en voie de disparition, on pourrait croire que j’en ai profité pour me reposer et prendre du temps pour moi. En fait, c’est carrément l’opposé qui s’est produit. Ça n’excuse toutefois pas le fait que je sois «disparue de la map» pendant plusieurs mois. Laisser moi tout de même m’expliquer un brin et vous raconter c’est quoi d’écrire en temps de pandémie.

Tout d’abord, je peux dire que ces derniers mois ont été pour moi une véritable montagne à gravir. J’ai vécu d’abord le confinement, comme tout le monde, en plus des insécurités financières et de l’isolement partiel (j’ai la joie de cohabiter avec mon amoureux). En ce sens, je ne peux pas me plaindre de ma condition, puisque je me considère très chanceuse dans cette malchance. La crise sanitaire pèse tout de même sur ma créativité et mes heures de sommeil.

Heureusement, j’ai l’immense privilège d’avoir intégré la famille des éditions AdA en 2019. Cela me permet évidemment de faire tranquillement ma place dans le milieu littéraire et de vivre mon rêve à plein régime. Ceci m’amène donc à vous parler du véritable sujet de cet article. Vous le savez peut-être, il arrive parfois que les auteurs aient accès à des appels d’offres inédites. Comme je me compte toujours parmi la relève, je peux vous assurer que je suis à l’affût de la moindre occasion pour améliorer mon écriture, peaufiner mon style et… publier mon prochain livre. Ainsi, quand est venue l’occasion de soumettre ma candidature à des initiatives littéraires internes, je me suis lancée à pieds joints et répondu présente à tout ce qui était à ma portée. Résultat : je me suis engagée à écrire en 2020, non pas un livre, mais bien deux! Presque simultanément en plus! Vous rendez-vous compte? Pas moi en tout cas.

Évidemment, tout le monde sait que le processus d’édition n’est pas instantané. Il arrive, par exemple, qu’un appel d’offres pour un projet d’écriture arrive en avril 2020 alors que le livre est prévu pour l’an prochain. Le contexte à l’écriture peut donc être très différent de celui à la sortie. Moi, petite ambitieuse que je suis, j’ai voulu faire mes preuves et mettre toutes les chances de mon côté. Je me disais que j’avais le temps d’écrire, que je devais me risquer même si je n’étais pas certaine de la réussite de mes projets.

Notez que ce n’est pas parce qu’on a déjà écrit un livre que le suivant est assuré. Mais, tout cela s’est déroulé avant l’arrivée d’une certaine pandémie. Qu’à cela ne tienne, j’avais signalé mon intérêt pour des projets et j’étais décidée à tenir parole, quitte à négliger quelque peu ma santé et mes proches. Je fait toujours mon possible pour remplir mes engagements! Il en va de mon avenir et de ma réputation! C’est comme ça.

Voilà ainsi, comment, en temps de pandémie, j’ai commencé le processus d’écriture pour la novella «Nos héros» ainsi que le fameux projet Mystère. Je pense d’ailleurs vous faire part bientôt d’un témoignage complet sur ma participation au premier cas. Pour vous faire un petit résumé, je peux vous annoncer ici que ç’a été une expérience totalement folle. J’ai choisi délibérément ce terme ambivalent parce que j’ai véritablement voyagé à travers les deux extrêmes; d’un côté, je me sentais merveilleusement à ma place et privilégiée, de l’autre, je prenais conscience de l’ampleur de la COVID-19 au fur et à mesure que j’écrivais mon histoire. Ce n’est pas demain que j’oublierai cette expérience enrichissante.

Par-dessus tout ça, comme si ce n’était pas déjà suffisant, j’ai tenté à la fois de rester connecté pour vous, d’être présente sur les réseaux sociaux et de participer à des événements littéraires. Décidément, l’année 2020 a été riche en émotions, autant bonnes que mauvaises, ainsi qu’en production de mots. Pas étonnant que je me sente si fatiguée à présent. Vivement le congé des Fêtes!

Bref, je crois que je vais devoir m’arrêter ici. Heureusement, je sais que je ne suis pas seule, que vous êtes là à me lire, à m’écrire, à vivre des épreuves similaires aux miennes. Je vous dis donc merci du fond du cœur et à la prochaine.

Pour la science… fiction!

Pour la science-fiction - étude sociologique

En temps de non-pandémie, il m’arrive, en tant qu’auteure, de participer à des activités tout aussi stimulantes que salutaires. Plus particulièrement en ce qui a trait au genre de la science-fiction, j’ai toujours eu l’espoir d’y contribuer à ma façon en analysant notre présent et, j’ose dire, dépeindre notre avenir. Évidemment, il n’y a pas de meilleure façon de faire que d’offrir son temps à la science et aux chercheurs qui travaillent d’arrache-pied pour y parvenir.

C’est par le biais des médias sociaux et une certaine dose de chance que mon chemin à croiser celui de Katherine Labrecque, étudiante au doctorat au Centre Urbanisation culture, société de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). J’ai ainsi entendu parler de son étude servant à documenter les pratiques de sociabilité au visionnement de séries de genre science-fiction et d’examiner leur rôle dans la construction des valeurs de jeunes adultes québécois(e).

Le sujet m’a tout de suite attiré et je me suis lancée dans cette aventure pour servir en quelque sorte de cobaye. N’ayez crainte, il n’est pas ici question de seringue aux injections mortelles ou d’une IRM qui décortiquerait mon cerveau. J’ai bel et bien pu garder mes 2 mètres de distance prescrits et participer à l’étude par mes simples confidences et anecdotes personnelles. Une étude sur la socialisation, ça se discute, ça s’observe, mais pas besoin de visite en laboratoire. Ouf! À dire vrai, le tout peut même se faire en ligne, sur les réseaux sociaux grâce à la technologie.

Ainsi donc, j’ai participé à un premier entretient le vendredi 13 mars aux locaux de INRS. L’étude porte pour nom exact : «Se connecter entre amis autour des séries de science-fiction: Le rôle des pratiques de sociabilité dans la construction des valeurs de jeunes adultes québécois» et j’ai dû consulté la documentation pour ne pas me tromper. 🙂

Comme je l’ai expliqué plus tôt, je me suis sentie immédiatement interpellée par ce sujet. Évidemment, je me compte encore (espérons-le) parmi le groupe des jeunes adultes susmentionnés et, qui plus est, j’entretiens une passion débordante pour les séries télé ainsi que la science-fiction dans tous ses genres sous-jacents. Je n’avais donc pas le choix que d’y participer.

Durant mon premier entretien, qui a durée environ 3 heures, j’ai pu rencontrer Katherine en personne, une jeune chercheuse curieuse et passionnée. Nous avons eu des discutions étonnements profondes sur plusieurs univers futuristes et j’ai pu lui expliquer à quel point ceux-ci ont contribué à forger la personne que je suis aujourd’hui. Étonnant? Oui. Mais tout à fait vrai!

C’est que la science-fiction vient avec ce pouvoir de réflexion incommensurable et, à première vue, sans limites. Celle-ci nous alerte, nous motive, nous inspire et nous fait voir autrement. Des initiatives underground naissent au fur et à mesure que la société évolue. Je pense, entre autres, aux nouveaux genres comme l’afrofuturisme, le solarpunk et à tous ceux qui vont suivre. Selon moi, au grand jamais, un genre de l’imaginaire n’a été aussi vivant et renouvelable! Je le dis donc aujourd’hui et je le répéterai longtemps encore, les littératures de l’imaginaire sont juste une autre façon de parler de notre réalité en tant qu’être humain. Pour toutes ses raisons, je vous souhaite à votre aussi de garder l’œil brillant face à l’avenir, surtout dans les temps les plus sombres.

L’écriture extrême

L'écriture extrême - tranche de vie d'auteur

On entend souvent dire que l’écriture est quelque chose de solitaire, calme et très cérébral. Que pour l’écrivain, le risque de blessures se résume à la tendinite du poignet et au fameux «Paper cut» tant redouté. Mais ce n’est que la surface de l’iceberg. Depuis quelque temps, je pratique ce que j’appellerais être de «l’écriture extrême». Je dois spécifier tout d’abord que je ne suis pas une athlète professionnelle dans ce domaine, mais que je m’exerce chaque jour pour améliorer ma technique.

Évidemment, nous avons tous des obligations dans la vie et l’auteur, lui aussi, est sans cesse contraint de remettre son écriture à plus tard. Pour ma part, mes projets de roman s’étendent souvent sur plusieurs années et j’en viens à chasser chaque infime moment de temps libre pour le combler par l’écriture. Il m’arrive souvent d’être à un tel point habité par une histoire que celle-ci me trouble dans mon sommeil et me hante de jour. Il me faut donc impérativement revenir à l’écriture de temps à autre et mettre, lorsque possible, mes obligations de côtés. Bye, bye ménage du printemps!

Plus intense encore, le fait de voir le bout du tunnel, l’arrivée à terme d’un projet d’écriture, me fait chaque fois redoubler d’effort pour ainsi apposer le point final. Durant cette période intense, j’en viens à cette pratique extrême de l’écriture qui dépasse (pour plusieurs) l’entendement. Surtout rendue à la période de relecture et des corrections grammaticales, il m’arrive d’amener l’écriture à ce niveau surhumain que seul les experts peuvent maîtriser.

Cela fait bien deux semaines que, lors de tous mes déplacements, j’amène avec moi mon mini ordinateur portable affectueusement appelé dinosorus (parce qu’il est vraiment très lent). Une fois rendue dans l’autobus ou le métro, je pars en quête d’une place assise le plus isolée possible. En décelée une est à l’heure de pointe est déjà un exploit en soi. Par la suite, je dépose mon sac sur mes genoux, puis ledit ordi par-dessus le tout. Je dois souvent recroqueviller mon corps dans des torsions peu naturelles pour ne percuter personne et arriver à taper (souvent d’une seule main) sans prendre trop de place. Vous l’aurez compris, ceci relève plus du mythe que de la réalité. Et finalement, il faut savoir faire fi des regards indiscrets et des gens qui parlent trop fort. Parfois, j’ajoute même un défi supplémentaire lorsque la recherche s’impose. En plus, il m’est déjà arrivé de tenir mon ordinateur sur un genou et ma documentation papier de l’autre pour pouvoir valider un terme scientifique ou un fait historique.

Très souvent, je dois jetée la serviette parce que je ne suis humainement pas capable de me concentrer avec le bruit ambiant. D’autres fois, c’est le manque de siège ou le mal de transport qui m’oblige à fermer l’écran. L’hiver ajoute un défi supplémentaire avec les manteaux qui rendent l’espace encore plus restreint et la température inconfortable. Dans tous les cas, mon trajet total ne dure par plus de 40 minutes (si je me rends au travail) et ce temps précieux est entrecoupé par les transferts, le manque de place, etc.

Malgré tout, vient parfois ces 5 minutes de grâce où j’arrive enfin à écrire ou relire un passage compliqué. À ce moment, je me sens véritablement comme une championne olympique qui a surmonté l’impossible. Évidemment, l’écriture en transport en commun n’a rien d’idéal, mais elle me permet d’avancer un peu plus mon projet en cours et d’ainsi optimiser chaque (rare) minute libre de mon temps.

Voilà donc comment j’espère pouvoir vous présenter mon prochain roman le plus vite possible. J’espère bien que ce témoignage vous a un peu fait voir l’écriture comme un sport extrême difficile à maîtriser. Retenez ceci : il faut être un maître dans l’art de la gestion de temps si l’on veut écrire proprement.

Bon là, je vous entends déjà réclamer des indices supplémentaires sur ce projet en cours. Et si je vous révélais qu’il s’agit en fait d’un texte déjà connu par certains et dont un certain voyage me permet de faire une réécriture approfondie. Voilà, je n’en dis pas plus. 😉

La réécriture : le Saint Graal de l’auteur(e)

La réécriture - truc et astuces d'écriture

Cette année n’a pas été de tout repos pour moi. Vous allez pouvoir constater avec cette nouvelle capsule que je n’ai pas chômé. Au lieu de vous donner un véritable cours sur la réécriture, j’ai préféré vous construire une sorte de témoignage sur le sujet en prenant pour exemple mon propre projet en cours. Je le surnomme affectueusement le «Projet X».

Dans cet extrait, j’ose vous faire part de mes épopées littéraires à titre de jeune auteure de SFFQ (science-fiction, fantastique et fantasy québécoise) pour vous permettre de découvrir (ou redécouvrir) le plaisir et les mystères de l’écriture. Pour accomplir cette tâche, j’ai décidé de partir en quête de la réécriture parfaite, tel le Graal tant espéré par Arthur et ses frères d’armes.

Sur ce, je vous laisse à votre visionnement, preux chevaliers des mots. Que le souffle de l’inspiration vous porte toujours plus loin.

Que savons-nous de la réécriture? Peu de choses selon moi, puisqu’il s’agit d’une période très exigeante et bien solidaire dans la vie d’un auteur. Néanmoins, il s’agit aussi d’un passage obligé pour un texte que l’on souhaite un jour publier, un travail essentiel en quête de cohérences et de pertinences. J’utilise souvent l’image du chantier de construction pour décrire ce genre de travail et c’est à peu près ça un texte en réécriture. Ça déborde un peu sur les bords, la structure est encore chambranlante et il manque quelques briques ici et là. Mais d’un autre côté, l’édifice prend forme tranquillement.

Cette étape peut paraître à la fois longue et excitante, car on est sans cesse déchirée par l’envie de poser le point final et la peur de ne pas offrir un résultat à la hauteur. C’est l’éternel balancier de l’écriture.