Ma première soumission à un appel à projets

Il y a des années qui marquent plus que d’autres. Pour ma part, 2020 a été plutôt hors norme… et pas pour les raisons que vous vous imaginez. Les plus perspicaces d’entre vous ne se sont pas laissés bernés et ont retenu le titre de ce billet, je parle bien entendu de ma première soumission à un appel à projets. Laissez-moi vous raconter cette belle épopée… mais avant, récapitulons un petit peu les faits.

Il n’y a pas si longtemps, j’étais convaincue que le travail d’écrivain ne se résumait qu’en une seule et même facette : écrire une fiction selon la pulsion du moment, selon l’humeur et la passion du créateur. Que se soit une série étoffée ou bien une nouvelle littéraire, l’important était que cela permette à l’auteur de mettre ses trippes sur la table et de s’exprimer librement. Pourtant, on apprend, à force de côtoyer les acteurs du milieu, que l’écriture comprend plusieurs autres voies. Il s’agit d’un univers complexe et bien mystérieux vu de l’extérieur. Je peux vous citer comme exemples les écrivains fantômes (ghostwriters), les appels de texte et les collectifs. En fait, il y a plusieurs incitatifs pour écrire, point final.

Plus spécifiquement, j’ai entendu tout au long de mon parcours des légendes obscures racontant que des éditeurs professionnels faisaient parfois des commandes spécifiques à des gens pour des projets d’écriture. Il s’avère que cette information n’est pas totalement infondée, mais j’étais convaincue qu’elle concernait uniquement les auteurs vedettes et ultras talentueux auxquels je n’arrive même pas à la cheville. Pourtant… en 2020, on m’a tendu une perche. Non pas que je suis devenue riche et célèbre entre temps, mais les circonstances ont fait que je me suis retrouvée au bon endroit, au bon moment. Ce phénomène est d’autant plus incroyable, car il s’est reproduit pour moi à deux reprises en 2020. Je peux maintenant vous en parler plus en détail, car les deux dits projets sont déjà sur les tablettes des librairies. Alors voici…

Le premier est arrivé en début 2020, au pire moment de la crise, c’est-à-dire en pleine pandémie. Je parle bien sûr du collectif «Nos héros» qui se voulait un recueil de fictions mettant à l’honneur les travailleurs des services essentiels. Tout a commencé le 9 avril lorsque le directeur des Éditions Monarque a lancé un appel d’offres à tous les auteurs du Groupe AdA. Vous imaginez qu’il y avait de la compétition dans l’air même si ça restait à l’interne. Moi qui n’ai pas peur de la contrainte et qui veux absolument ne pas laisser passer une seule opportunité de faire mes preuves, j’ai décidé de me lancer dans le vide. Évidemment, je n’ai pas été la seule avec la même idée et nous avons tous dû rédiger des synopsis béton pour nous faire sélectionner. Même si mon projet n’était pas encore écrit et que mon éditeur pouvait éliminer des candidats à tout moment, j’ai foncé sur mon clavier et laissé couler l’inspiration.

D’un côté, j’étais contente de travailler en terrain connu, avec un éditeur et des collègues plutôt familiers. De l’autre, j’avais plusieurs contraintes à tenir, en l’occurrence : le genre, le nombre de mots et un délai ultra serré. Moi qui écris habituellement à la vitesse d’un escargot, la décision n’était pas à prendre à la légère. Étant donné que toutes mes tentatives pour dériver des genres de l’imaginaire s’étaient révélées auparavant infructueuses, j’ai pris ça comme un défi. Après tout, la contrainte a cette capacité de nous faire sortir des sentiers battus et de nous pousser au-delà de nous même. Finalement, je ne suis pas du tout déçue du résultat. Avec ma novella «Du papier et des arcs-en-ciel», j’ai pu explorer la littérature blanche (comme on la surnomme) et aborder le thème des relations père-fille, ce que je n’avais jamais fait jusqu’ici.

Ma deuxième expérience d’appel d’offres fut un peu différente, mais ô combien enrichissante. Tout a déboulé après un message sur les réseaux sociaux de l’auteur jeunesse chevronné Mathieu Fortin. C’est à la fin mai 2020 qu’il a annoncé vouloir faire un collectif de livre-jeu dont tu es l’enquêteur. Le concept m’a tout de suite accroché étant donné qu’il y avait aussi un soupçon de paranormal à ajouter à la sauce. J’ai donc signalé mon intérêt et rédigé un synopsis d’enquête.

Le problème était que je n’avais pas vraiment consulté mon agenda à ce moment précis. Comme pour «Nos héros», le collectif avait une contrainte de temps serré et, étant donné que j’avais déjà dit oui au premier, il me fallait jongler entre les deux manuscrits à certains moments. Au final, tout s’est emboîté à la perfection et, alors que j’étais rendu à l’approbation de l’épreuve finale pour l’un, je concluais le premier jet pour le deuxième. Avec cette deuxième expérience, j’ai ainsi pu travailler avec des auteurs d’expérience en plus de pouvoir explorer la littérature jeunesse. Malheureusement, la pandémie m’a contraint à me distancer de mes nouveaux lecteurs, mais j’ai bon espoir que la situation se rectifie à la fin de cette année. Si tel est le cas, je serai présente pour vous retrouver lors des prochains salons du livre.

Voilà voilà ce qui révèle un peu plus les mystères du monde sombre et intangible de l’écriture de fictions. Les collectifs sont, de mon expérience, toujours des appels à projets, car ils consistent à regrouper différents auteurs pour traiter d’un même thème ou format particulier. Dans tous les cas, les contraintes sont souvent multiples, certes, mais elles permettent aux auteurs de se dépasser et d’explorer des contrées encore inexplorées en se joignant les uns aux autres. Car, après tout, nous sommes toujours plus fort ensemble…

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