L’écriture extrême

L'écriture extrême - tranche de vie d'auteur

On entend souvent dire que l’écriture est quelque chose de solitaire, calme et très cérébral. Que pour l’écrivain, le risque de blessures se résume à la tendinite du poignet et au fameux «Paper cut» tant redouté. Mais ce n’est que la surface de l’iceberg. Depuis quelque temps, je pratique ce que j’appellerais être de «l’écriture extrême». Je dois spécifier tout d’abord que je ne suis pas une athlète professionnelle dans ce domaine, mais que je m’exerce chaque jour pour améliorer ma technique.

Évidemment, nous avons tous des obligations dans la vie et l’auteur, lui aussi, est sans cesse contraint de remettre son écriture à plus tard. Pour ma part, mes projets de roman s’étendent souvent sur plusieurs années et j’en viens à chasser chaque infime moment de temps libre pour le combler par l’écriture. Il m’arrive souvent d’être à un tel point habité par une histoire que celle-ci me trouble dans mon sommeil et me hante de jour. Il me faut donc impérativement revenir à l’écriture de temps à autre et mettre, lorsque possible, mes obligations de côtés. Bye, bye ménage du printemps!

Plus intense encore, le fait de voir le bout du tunnel, l’arrivée à terme d’un projet d’écriture, me fait chaque fois redoubler d’effort pour ainsi apposer le point final. Durant cette période intense, j’en viens à cette pratique extrême de l’écriture qui dépasse (pour plusieurs) l’entendement. Surtout rendue à la période de relecture et des corrections grammaticales, il m’arrive d’amener l’écriture à ce niveau surhumain que seul les experts peuvent maîtriser.

Cela fait bien deux semaines que, lors de tous mes déplacements, j’amène avec moi mon mini ordinateur portable affectueusement appelé dinosorus (parce qu’il est vraiment très lent). Une fois rendue dans l’autobus ou le métro, je pars en quête d’une place assise le plus isolée possible. En décelée une est à l’heure de pointe est déjà un exploit en soi. Par la suite, je dépose mon sac sur mes genoux, puis ledit ordi par-dessus le tout. Je dois souvent recroqueviller mon corps dans des torsions peu naturelles pour ne percuter personne et arriver à taper (souvent d’une seule main) sans prendre trop de place. Vous l’aurez compris, ceci relève plus du mythe que de la réalité. Et finalement, il faut savoir faire fi des regards indiscrets et des gens qui parlent trop fort. Parfois, j’ajoute même un défi supplémentaire lorsque la recherche s’impose. En plus, il m’est déjà arrivé de tenir mon ordinateur sur un genou et ma documentation papier de l’autre pour pouvoir valider un terme scientifique ou un fait historique.

Très souvent, je dois jetée la serviette parce que je ne suis humainement pas capable de me concentrer avec le bruit ambiant. D’autres fois, c’est le manque de siège ou le mal de transport qui m’oblige à fermer l’écran. L’hiver ajoute un défi supplémentaire avec les manteaux qui rendent l’espace encore plus restreint et la température inconfortable. Dans tous les cas, mon trajet total ne dure par plus de 40 minutes (si je me rends au travail) et ce temps précieux est entrecoupé par les transferts, le manque de place, etc.

Malgré tout, vient parfois ces 5 minutes de grâce où j’arrive enfin à écrire ou relire un passage compliqué. À ce moment, je me sens véritablement comme une championne olympique qui a surmonté l’impossible. Évidemment, l’écriture en transport en commun n’a rien d’idéal, mais elle me permet d’avancer un peu plus mon projet en cours et d’ainsi optimiser chaque (rare) minute libre de mon temps.

Voilà donc comment j’espère pouvoir vous présenter mon prochain roman le plus vite possible. J’espère bien que ce témoignage vous a un peu fait voir l’écriture comme un sport extrême difficile à maîtriser. Retenez ceci : il faut être un maître dans l’art de la gestion de temps si l’on veut écrire proprement.

Bon là, je vous entends déjà réclamer des indices supplémentaires sur ce projet en cours. Et si je vous révélais qu’il s’agit en fait d’un texte déjà connu par certains et dont un certain voyage me permet de faire une réécriture approfondie. Voilà, je n’en dis pas plus. 😉

2 réflexions au sujet de « L’écriture extrême »

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